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Les Elles de l'Auto est une association créée fin 2007 pour bâtir un réseau et créer des échanges d'expériences entre les femmes qui travaillent dans le secteur automobile. Elle regroupe aujourd'hui 300 membres, dont 40% de sympathisants masculins, et organise des événements autour de l'automobile vue par les femmes. Sa présidente Elisabeth Young, également présidente de l'importateur de voitures chinoises Asie Auto, s'explique sur la situation des femmes dans la filière.
Combien de femmes l'industrie automobile emploie-t-elle ?
Elisabeth Young. Les femmes représentent 20% des salariés de la filière automobile, selon un sondage réalisé par TNS-Sofres. Nous souhaitons mettre en place un baromètre avec cet institut pour obtenir des chiffres plus précis. Nous savons cependant qu'elles sont assez bien représentées chez les constructeurs français. PSA, par exemple, a inclus les femmes dans ses accords sur la diversité. Carlos Ghosn, chez Renault, est lui aussi un promoteur de la diversité. En revanche, chez les sous-traitants et les équipementiers, ainsi que chez les concessionnaires, c'est plus laborieux.
Le bureau de votre association ne compte aucune ingénieure. Est-ce représentatif des postes occupés par les femmes dans l'industrie automobile ?
Assez, oui. Les femmes travaillent surtout dans la communication et les ressources humaines. Il y a des exceptions, comme Anne Asensio, (designer automobile passée par Renault et General Motors créatrice notamment du concept car Renault Scenic, Ndr), qui est partie depuis chez Dassault Systèmes. Nous essayons justement de mettre en avant ces profils, en collaboration avec l'association Elles Bougent.
Quel genre de mesures sont prises chez les constructeurs pour favoriser la féminisation de l'emploi ?
Chez PSA par exemple, la proportion de femmes recrutées correspond à la proportion de candidatures envoyées par des femmes.
Quels sont les principales difficultés rencontrées par les femmes dans l'industrie automobile ?
D'une part, elles ont du mal à y accéder, soit qu'il existe une barrière psychologique, soit qu'on ne leur ouvre pas les portes. D'autre part, elles ont plus de mal à y faire carrière, en raison notamment des interruptions d'activité liées à la maternité.
Ce problème n'est-il pas commun à l'ensemble des entreprises ?
Ce n'est peut-être pas pire qu'ailleurs. Mais ce qui est inquiétant, c'est le décalage que cela entraîne entre le nombre de femmes qui consomment de l'automobile et le nombre de celles qui les conçoivent. Le résultat, ce sont des voitures qui ne correspondent pas aux besoins des femmes, ou encore des publicités à côté de la plaque.
Les patrons de l'industrie se rendent-ils compte de ce grand écart ?
De plus en plus. Certains modèles ciblent désormais clairement les femmes, comme la Nissan Micra ou la Fiat 500. Parfois l'engagement va plus loin. Volvo a créé sa C30 avec une équipe composée uniquement de femmes, aussi bien pour l'intérieur que pour l'extérieur du véhicule.
Quel est le poids des femmes dans l'achat automobile aujourd'hui ?
Une enquête a montré que lorsque les femmes achètent leur propre voiture, elles sont les seules décisionnaires dans 80% des cas. En ce qui concerne la première voiture du ménage, elles sont décisionnaires à 50%.
Quelles sont les valeurs privilégiées par les femmes lors de l'achat d'une voiture ?
Le côté pratique, la sécurité, l'environnement, et la facilité d'utilisation.
Ces valeurs ne sont-elles pas en train de toucher aussi les hommes ?
Je pense que non. En ce moment c'est plutôt le critère économique qui progresse parmi les acheteurs hommes.
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